VISION

L’héritage universel de la violence touche, hélas, tous les pays ; qu'il s'agisse de violence verbale, physique, dirigée contre soi ou contre les autres. On la retrouve dans les écoles, au sein des familles, contre les femmes, les personnes âgées et les enfants, à l'encontre des migrants, dans le milieu carcéral, etc. en établir la liste serait malheureusement sans fin. Or, dans tous les pays, la difficulté de faire respecter des droits humains constitue un facteur aggravant à la propagation et à l’enracinement de la violence.


Les changements d’ordre social, politique, économique et environnemental qui se produisent de par le monde ont pour effet de déséquilibrer les organisations étatiques, d’accentuer des situations pré-existantes de précarité, de misère, et même d'en créer. Cette réalité oblige un grand nombre de populations à chercher de nouveaux modes de survie. Cette nécessité pousse les individus à se déplacer, chercher refuge et envisager tous les possibles.


Les migrations internationales ne relèvent pas toutes de choix individuels. Beaucoup de migrants ont subi leur voyage. Nombreux sont ceux qui n'y étaient pas préparés. Débarqués au sein de sociétés dont ils ne connaissent ni les codes, ni leurs droits, ils ont besoin d'aide et d'explications pour s'intégrer. Cependant, ils rencontrent souvent de prime abord de l'incompréhension, de l'intolérance, de l'extrémisme.


Livrées à elles-mêmes, ces personnes vulnérables se retrouvent dans des situations extrêmes . Confrontées au mépris, à la violence, à l'exploitation, certaines d'entre elles n'ont parfois plus d'autres choix que de se livrer à des actes illégaux pour survivre. Or ce choix non seulement les confronte à de nouvelles violences, mais risque aussi de les rendre violentes. Ainsi se poursuit la chaîne de la violence qui, à partir de comportements violents, crée des situations ingérables qui poussent à leur tour les victimes à devenir violentes.


Il est urgent de rompre la spirale infernale en accueillant les populations migrantes, en leur offrant un soutien. Car le danger est de voir ces populations affaiblies vivre la prison, qui achève leur éducation à la violence.


C'est pourquoi il est aussi indispensable d'empêcher la violence de progresser en intervenant directement dans les milieux carcéraux. Car, fatalement, une personne déjà en souffrance qui subit la violence de la vie pénitentiaire devient violente.


Le passage par la prison a des effets désastreux. Les gardiens, souvent pas assez formés, sont dépassés par des situations terribles qui les amènent à devenir violents eux-mêmes; soit au sein du milieu carcéral, soit dans le contexte familial ou amical. Tout individu ayant vécu la réalité de la prison n'a plus la même perception de la réalité et conçoit souvent la violence comme normale. La prison crée de la violence au sein et à l'extérieur de ses murs. C'est pourquoi l'APDH tient à agir à l'intérieur et à l'extérieur des prisons. En effet, quand la violence se propage dans la société, elle est normalisée au point que personne n'est choqué de la rencontrer en tant que composante de l’éducation. Alors la violence devient suffisamment contagieuse pour pénétrer tous les milieux et se développer encore.


L'APDH promeut l'éducation aux droits humains, l'apprentissage de la médiation et de la gestion positive de conflits et de crises.

L’éducation permet à chaque individu de développer sa personnalité en acquérant des valeurs, des connaissances et des savoirs qui lui permettent de s’émanciper. Un individu émancipé participe à la consolidation d’une société plus juste et plus humaine. L’éducation aux droits de l’Homme, quant à elle, permet à chaque personne de prendre conscience qu’elle a des droits et devoirs. Elle devient ainsi un citoyen à part entière, apte à participer à la vie démocratique, capable de se défendre sans violence et de participer à l'édification d'un monde de paix. Alors, la cohabitation inter-humaine devient possible dans un esprit de respect, de tolérance et de paix.


Il ne peut y avoir de changements importants dans le monde sans volonté ferme et sans l’appui continu des principaux groupes concernés. Apprendre qu'on a des droits, c'est respecter les droits des autres, et l'affirmation de l'interdépendance, de l'indivisibilité et de l'universalité de ces droits passe d'abord par leur apprentissage complet.


« Je m'oppose à la violence parce que lorsqu'elle semble produire le bien, le bien qui en résulte est transitoire ; tandis que le mal produit est permanent. » Mahatma Gandhi



DROIT INTERNATIONAL
Différents textes et instruments internationaux ont été adoptés pour promouvoir la dignité des êtres humains, et plusieurs d'entre eux promeuvent spécifiquement les droits des migrants et la dignité de la personne incarcérée. Plusieurs organisations internationales et de la société civile livrent des combats pour participer à l’édification d’un environnement propice au respect de la dignité de la personne.


L’engagement de l’APDH se base sur les articles suivants :


Article 13 du Pacte International relatif au Droits Économiques, Sociaux et Culturels 
« L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité et renforcer le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. L’éducation doit mettre toute personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre, favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux, ethniques ou religieux et encourager le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.»


Article 10 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques
«Toute personne privée de sa liberté est traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine.»


Article 7 de la Convention internationale sur l’élimination de toues les formes de discrimination raciale
« Les Etats parties s'engagent à prendre des mesures immédiates et efficaces, notamment dans les domaines de l'enseignement, de l'éducation, de la culture et de l'information, pour lutter contre les préjugés conduisant à la discrimination raciale et favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre nations et groupes raciaux ou ethniques, ainsi que pour promouvoir les buts et les principes de la Charte des Nations Unies, de la Déclaration universelle des droits de l'homme, de la Déclaration des Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale et de la présente Convention. »